« L’enfant qui mesurait le monde » de Metin Arditi

« L’enfant qui mesurait le monde » de Metin Arditi
Editions: Points

Quoi de mieux à l’approche des grandes vacances, que de se plonger dans un roman qui se déroule sur une île grecque!
Bon voyage sur l’île de Kalamaki.

 

 

Résumé de « L’enfant qui mesurait le monde »

À Kalamaki, île grecque dévastée par la crise, trois personnages vivent l’un près de l’autre, chacun perdu au fond de sa solitude. Le petit Yannis, muré dans son silence, mesure mille choses, compare les chiffres à ceux de la veille et calcule l’ordre du monde. Maraki, sa mère, se lève aux aurores et gagne sa vie en pêchant à la palangre. Eliot, architecte retraité qui a perdu sa fille, poursuit l’étude qu’elle avait entreprise, parcourt la Grèce à la recherche du Nombre d’Or, raconte à Yannis les grands mythes de l’Antiquité, la vie des dieux, leurs passions et leurs forfaits… Un projet d’hôtel va mettre la population en émoi. Ne vaudrait-il pas mieux construire une école, sorte de phalanstère qui réunirait de brillants sujets et les préparerait à diriger le monde ?
Lequel des deux projets l’emportera ? Alors que l’île s’interroge sur le choix à faire, d’autres rapports se dessinent entre ces trois personnages, grâce à l’amitié bouleversante qui s’installe entre l’enfant autiste et l’homme vieillissant.

Mon avis sur « L’enfant qui mesurait le monde »:

Doux, émouvant, tolérant voici comment je résumerai « L’enfant qui mesurait le monde » de Metin Arditi !

Une île grecque où tout le monde se connait, un parfum de port de pêche et de cigales en fond sonore, le décor est planté!

Un roman aux chapitres courts qui rend la lecture très fluide.
Ici pas de fioritures sur les personnages, leur passé ou leurs habitudes.
La trame du livre se concentre plutôt sur plusieurs axes vraiment intéressants : l’autisme, l’amour, la mort, la mythologie et le nombre d’or.

C’est une façon particulière d’écrire mais que j’ai apprécié.

Yannis, Un petit garçon exceptionnel

Ce qui m’a beaucoup plus dans le livre de Merin Arditi c’est sa façon d’aborder l’autisme et l’intégrer pleinement dans son roman pour sensibiliser le lecteur.

On découvre les difficultés et la fatigue d’une maman parfois démunie par le mutisme de son petit garçon ou ses crises.

Yannis a besoin d’un cadre, de ritualiser son quotidien car il se sent rassuré dans la répétition.
La particularité du petit garçon est son don pour les mathématiques.
Pour lui, l’harmonie réside dans une certaine constance au travers des chiffres: si celle-ci est déséquilibrée il rétablit l’ordre du monde en faisant des pliages jusqu’à atteindre le nombre parfait.

Il assimile les chiffres à des couleurs, des significations et une consonance avec le bien ou le mal, le positif ou le négatif.
Une précision époustouflante!

Des destins qui se lient

Les personnages du roman ont tous leurs fêlures.
Maraki élève seule son fils depuis son divorce et le décès de son père et doit subvenir à leurs besoins au moyen de la pêche.

Eliot architecte retraité New-yorkais revient à ses origines grecques après le décès accidentel de sa fille Dickie sur l’île.
Il s’installe à Kalamaki afin de terminer le travail de celle-ci sur les amphithéâtres antiques et la recherche du nombre d’or.

Le père Kosmas sera une sorte de guide spirituel et lui donnera trois « ancres » pour sortir de sa grande souffrance :

  • Le libre arbitre et sa part de liberté qui nous laisse avoir le choix
  • La résurrection : à chaque instant l’être et la vie recommence
  • Le travail: celui-ci empêche de rester désœuvré et fixe un objectif pour rester en vie

Un pays ravagé par la crise économique

Dans son roman, Merin Arditi met en évidence le profit que font les grosses entreprises sur des pays en grande précarité.
Ces géants n’hésitent pas à ruiner patrimoine et paysages en les tenant pieds et poings liés par l’argent.

Le village de Kalamaki se verra recevoir une proposition alléchante pour la construction d’un grand hôtel.

Si l’économie du village pourrait en être relancée, tous ne sont pas d’accords avec la proposition, notamment Yannis, qui est totalement paniqué par cette idée.

La beauté du rapport humain

Le roman fait preuve d’une grande pudeur et d’une magnifique humilité sur les sentiments des personnages.
Cela rend le livre d’autant plus vibrant.

La tolérance et la compréhension que les villageois ont envers Yannis illustre parfaitement ce rapport humain.
Aucun ne bouscule les habitudes du petit garçon, et tous n’hésitent pas à se figer lorsque celui-ci décide de compter le nombre de clients à la terrasse du café du village.

L’enfant est entouré de personnes bienveillantes qui contribuent à son petit cocon.

Le message véhiculé de « L’enfant qui mesurait le monde » est fort car il démontre qu’avec une profonde solidarité, des personnes porteurs de troubles autistiques ou de différents handicaps seraient parfaitement intégrées dans notre société et non en marges de celle-ci.

Le livre amène à la réflexion sur la tolérance, la bienveillance, l’entraide et les grands changement positifs qu’elles peuvent apporter.

Je reste persuadée que les mentalités sont en train de changer et qu’un jour nous vivrons dans une société plus inclusive. ❤

 

 

 

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