Petite conne tu ne resteras pas

20 ans

Sept heures du matin.
Elle rentre chez elle, la fenêtre de la voiture légèrement ouverte pour rester éveillée.

Les vapeurs d’alcool ne se sont pas dissipées et elle fume l’énième cigarette de la soirée.
Elle n’entend quasiment plus rien, elle a dansé toute la nuit prés des enceintes.

Le week end est terminé et elle passera la semaine à attendre le prochain.

Elle vit la nuit car l’atsmophère y est différente et hypnotique.
La nuit, un monde d’artifices et de paillettes, mais aussi de mépris et d’hypocrisie.
Elle se façonne une personnalité sous les boules à facettes, diamétralement opposée de ce qu’elle est en réalité.

Elle a 20 ans et elle ne sait pas ce qu’elle pense réellement de la société, du monde en général et puis en fait elle s’en fout.

Elle est entourée d’une multitude d’amis mais pourtant elle est seule parmi tout ce bruit.
Une foule qui se presse autour d’elle, la bouscule, l’opresse, la divertit, la fait rire ou l’ennuie.
Elle se fabrique une vie sociale.
Elle dit apprécier beaucoup mais n’aime pas grand monde.

Son humeur est électrique, instable et elle polarise.
On lui a brisé le cœur alors elle piétine ce qui pourrait la rendre heureuse sans foi ni loi.
Elle dirige mais pourtant choisi la médiocrité masculine.
Auto-sabotage.

Incapable de garder un job, elle se sent comme un lion en cage.

Elle voit ses amis s’élever dans la société , à mille étoiles, mille galaxies de son chemin.
Gagner leur vie, vivre dans de beaux appartements, établir un équilibre et une stabilité.
Elle s’éloigne peu à peu car elle ne sait plus de quoi parler avec eux mis à part de sa précarité.

Ils parlent de leurs métiers, de leurs responsabilités , de leurs envies.
Elle a le vertige de sa chute libre sans savoir comment la stopper.
Elle est l’opposé de son discours.

Et tous les weekends son paradis artificiel où elle sait si bien graviter avec ses petits talons aiguilles recommence.
La musique qui pulse sous sa peau, les conversations pseudo intellect alcoolisées avec des gens aussi perdus qu’elle, elle consume sa jeunesse comme ses cigarettes.
Elle parait exubérante mais juste pour mieux camoufler le vide abyssal que son cœur a laissé.

Son studio s’ouvre droit devant la plage.
Parfois L’hiver elle aimerait sortir, marcher tout droit dans l’eau pour que tout s’arrête.
De l’eau pour les sentiments.
De l’eau pour rincer une vie merdique.

Les repas de famille elle les fuit, en son absence tous se désolent de sa vie désuète.
Ils parlent d’elle avec dédain.

Elle écoute de la musique fluette pour se faire pleurer sur ce qu’elle ne parvient pas à atteindre.
Elle regarde des films acidulés  pour l’aider à rêver le soir.
Elle adopte un chat pour se responsabiliser, pour s’ancrer à quelque chose.

Elle commence tout, ne finit rien.

Sa famille lui a explosé en plein visage entre un divorce et des départs dans l’autre monde.

 

27 ans

Elle vit avec un pervers narcissique.

Quelqu’un qui la méprise et a refermé une cage dorée autour d’elle.
L’enfermer pour mieux garder l’emprise sur la violence psychologique.
Pour asseoir un besoin viscéral de pouvoir.

Elle a laissé faire:
Dénigrer chaque choix, chaque envie, chaque ami qui s’amenuise de jours en jours.

Chaque jour un peu moins d’air, un peu moins de lueur.
Elle a baissé les bras depuis des mois pourtant tellement consciente de la situation.

Parfois elle se conforte dans l’idée qu’elle mérite tout ça.
Que toute sa vie sera résumée à recommencer chaque jour une routine mécanique.
Et entendre l’acreté de l’autre comme des balles tirées à bout portant.

Sombre poison.
Sombre conne

Puis vint , le matin de trop, la phrase de trop, la violence morale de trop.

Tout se fige,
De battre quelque secondes son cœur s’est arrêté.
Elle ferme les yeux.

1
2
3

Elle les rouvre.
Le déclic, l’instinct de survie a pris le dessus.
Le regain.

Quelque chose a changé
A partir de ce moment rien ne sera plus jamais pareil.

Elle reprend le dessus, plaque tout, part avec son chien sous le bras, ses livres et ses fringues.
Ni plus ni moins.
Elle n’as plus rien.
Mais ce n’est que du matériel.
Elle va tout rebâtir, elle ne flanche pas, ne cède ni à la pression ni les larmes.

Elle apprend le mot liberté.
Liberté d’être ce qu’elle veut être
Elle ne veut plus se fabriquer une autre elle veut être L’ Autre.

Elle vise le plus haut qu’il soit possible, elle extirpe le meilleur d’elle même, trie ses amis sur le volet.

30 ans

Cette fille là, c’était moi.
J’ai du mal à réaliser tout le chemin parcouru.
A chacun son Mont Everest.

Parfois j’aimerai dire à celle qui fût moi, lui parler entre deux verres de vodka et lui dire que tout ira bien.
J’aimerais lui dire que rien n’est immuable, qu’elle a tout d’une battante.

Je voudrais lui prendre la main et lui dire qu’un jour elle sera fière d’être devenue la meilleure version d’elle même.

Je ne détourne plus les yeux dans le miroir le matin.

Aujourd’hui quand je commence quelque chose je vais au bout.
J’ai monté une entreprise, puis j’ai mis les pieds dans les métiers du Web et j’ai enfin trouvé ma voie.

Je me suis décidée à retourner à l’école pour apprendre un métier créatif, coloré et dynamique en accord avec ma personnalité.

Un jour je raconterais à mon fils tout ça pour lui dire de ne pas avoir peur de tout perdre car on peut tout reconstruire.
Parfois faut il avoir le courage de mettre le feu soi même quand il n’y a plus que des débris.

Je n’ai jamais cessé de croire en la magie, je la vois tous les jours au détour parfois d’un simple sourire ou geste.
Je crois en la réincarnation, au karma.
Je crois que chaque rencontre, qu’elle soit néfaste ou bénéfique façonne une âme.

Je fais attention à l’impact de mes paroles sur quelqu’un.
j’ai des convictions bien établies que je sais désormais défendre.

Je me suis affirmée.
Je me sens vivante, je suis là.

Je reviens de tout en bas.
J’ai su remonter seule.

Je me sens bien ancrée dans ma vie en phase avec mon petit cœur tout mou.

Je suis moi mais surtout je sais qui est réellement ce petit bout de moi.

A toutes ces personnes qui sont restées depuis toutes ces années, aux nouvelles personnes qui sont rentrées dans ma vie et l’embellisse, du plus profond de mon cœur, merci.

Je vous aime.

Zoé

 

 

 

 

 

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