Australie, je suffoque avec toi

Comment pourrais je faire semblant?
Sourire comme si rien de tout ceci n’existait, comme si tout ceci n’était qu’un lointain cauchemar fait de fumées épaisses et noires.
Depuis quelques jours, je fais les cent pas, mon coeur tambourine et mes pensées y reviennent constamment…

Installée derrière mon écran à l’autre bout du monde, je pleure devant ce brasier géant qui tue hommes et animaux.
L’ Australie est en proie aux flammes et ne cesse de se consumer.
Le feu emportant toute vie, tout espoir avec lui, et notre biodiversité déjà tellement fragile s’éteint jour après jour.
Piégée dans son habitat censée la préserver.

Je pleure devant ce petit koala, qui a ému tout Facebook, ses cris déchirants de tant de brûlures sur un petit corps fait pour vivre paisiblement.
La situation est devenue incontrôlable, l’air est saturé de fumées, celles-ci voyageant jusqu’en Nouvelle Zélande menaçant la fonte précoce des glaciers.
Les pompiers luttent depuis quatre mois sans relâche.
Les gens perdent leurs maisons, les eaux deviennent bouillonnantes, l’air est toxique.

Ce qu’il se passe est révélateur de notre urgence à réagir.
Si les incendies ont toujours existé, ceux-ci démarrent bien plus tôt du fait de canicules précoces liées directement au réchauffement climatique.

Je crois qu’il est dramatique que des climato-sceptiques soient au pouvoir de nos jours (Brésil, Etats-Unis, Australie…). Mais bien plus encore, les pays qui semblent à l’écoute du réchauffement climatique n’emploient pourtant aucune mesure.
Sans grand changement notoire, cela cacherait-il une volonté délibérée d’inactions pour servir d’autres ambitions?
Tant de Cop 21,22,23 et j’en passe qui se soldent par de beaux projets. Toujours des projets et de belles idées contées telles des berceuses pour mieux nous endormir.
De la masturbation intellectuelle faite par des politiques aux discours bien rodés qui n’ont aucune idée de ce à quoi une vie « normale » ressemble. Les hautes sphères déconnectent ces gens là.

L’urgence est là, des tas de solutions existent déjà.
Pourquoi rien ne se passe, pourquoi avance t’on à petit pas de fourmis?
Comment enraye t’on cette machine dont les enjeux nous dépassent tant?
Je m’interroge, je lis, je cherche des informations car j’ai besoin de savoir ce qui nous attend. J’ai mis au monde un enfant, que vas t’il lui rester? Que lui répondrais-je dans quelques années?
J’écoute des conférences, j’écoute les scientifiques s’agripper très fort à leurs sonnettes d’alarmes.

Pendant ce temps là, le reste du monde suffoque sous sa sixième extinction de masse.
Les inégalités n’ont jamais été aussi flagrantes, et pour ceux qui rêvent d’un monde meilleur et y participer, ils n’en n’ont -pour la plupart- même pas les moyens.

Allez dire à quelqu’un gagnant le SMIC et ayant une famille à nourrir qu’il doit réduire sa consommation de viande, manger bio, acheter français alors que les prix sont exorbitants.
Beaucoup trop de gens ne peuvent tout simplement pas et se laissent dépasser par leur propre survie au quotidien avant de pouvoir penser au reste du monde.
Et comment leur en vouloir, lorsque les fins de mois sont tellement critiques?

La solidarité n’est plus.
On ne nous aura jamais autant enfermé que dans cette société de sur-consommation qui nous assomme et nous aliène. Vouloir plus encore et toujours, sans en avoir réellement besoin.
Les réseaux sociaux qui nous font soit-disant communiquer nous rendent en réalité dépressifs et addicts. En voyant nos amis tous les jours à travers des écrans, on s’habitue à l’amitié virtuelle et les visites s’espacent et s’éloignent.
La nouvelle hiérarchie sociale est sur Instagram ou Snapchat culpabilisant le commun des mortels d’une vie où le luxe n’est pas.

Pourtant le bonheur se tient à tellement peu de choses. Il réside dans l’amour, dans la santé de nos proches, dans l’entraide et l’écoute. Le bonheur est immatériel, des millions de gens courent après durant toute une vie alors qu’il était parfois sous leurs yeux.

Y’aura t’il un évènement qui renversera irrémédiablement la vapeur? Je crois que ce monde est au bord de l’implosion.
Je m’y prépare silencieusement, en tâchant au quotidien de mettre ma pierre à l’édifice pour avancer vers un avenir meilleur. Mon côté optimisme me pousse à ne pas baisser les bras et agir à mon échelle.
Serais-je une douce utopiste? Suis-je alarmiste?
Ou peut-être tout bonnement une citoyenne de ce monde attristée de voir tant de souffrances, de violence et d’insécurités.
Je suis aussi une maman paniquée pour son fils et toutes ces merveilles de la nature qu’il ne connaitra peut-être jamais car elles auront disparu dans l’indifférence des grands de ce monde.

Je suis navrée ce texte est triste, accablant, mais l’Australie vient s’ajouter à ce à quoi je ne peux et ne veux plus assister les bras ballants.

Je balance une prière à l’univers, celle-ci s’arimmant à des millions d’autres que la mienne. J’espère qu’elles trouveront écho quelque part.
Des cendres renaît toujours le Phoenix, et du bitume le vert retrouve toujours un passage vers le soleil.
Dans cette dissonance et ce chaos, l’humanité réserve bien des surprises et de chaleur humaine. Les réseaux sociaux ont aussi le bénéfice de fédérer et apporter de bonnes nouvelles ou créer des chaines de solidarité, transmettre des passions et véhiculer de beaux messages.
Tout n’est pas que noir, tout n’est pas que blanc. Il y a les nuances et les subtilités. Le visage du monde change.

Il y aura encore des drames, des incendies, des cataclysmes. Nous apprendrons des leçons, et nous nous relèverons lorsque le point de rupture aura été touché. C’est tout un système à revoir.
Nous n’aurons pas le choix mais je crois que je suis prête à tout ça.

Zoé

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